Description

La Tour d'Hercule est le seul phare romain qui s'est acquittée de sa fonction primitive depuis ses origines jusqu'à nos jours: celle de servir comme signal maritime et instrument de navigation aux embarcations qui dans sa route traversent le coureur atlantique. Cette particularité tourne la Tour en exemple exceptionnel comme le témoignage unique des nombreux phares que les civilisations du passé ont construits au bord de la mer et que, malheureusement, ont été perdus dans le devenir de l'histoire, alors que la Tour d'Hercule continue de s'acquitter de la mission d'orienter et diriger les hommes de mer qui font front quotidiennement à l'immensité de l'océan.

Le phare a été construit par toute probabilité dans la deuxième moitié du Ier siècle ou dans les premières années du IIe siècle ap. J.C. par l'Empire romain dans le finis terrae du monde connu, c'est-à-dire, dans le nord-ouest de l'Hispanie, à l'entrée du grand Golfe Artabre, qui comprend les 'rías' (vallées) du Burgo, Ares et Ferrol (La Corogne, Espagne), pour accompagner aux bateaux qui encadraient l'extrémité la plus occidentale de l'Empire. Le lieu choisi pour son emplacement a été un coteau rocheux, dénommé Pointe Eiras, de presque 57 m de hauteur, qui se trouve entre la Pointe Herminia et la Pointe de l'Orzán, en dominant l'extrémité septentrionale de la péninsule dans laquelle s'assoit la propre ville de La Corogne.

Cette construction singulière est d'une plante quadrangulaire d'à peu près 11,75 m de côté et présente une hauteur totale de 55 m, duquels 34 m sont à la fabrique romaine et 21 m à la restauration réalisée en 1788 pour moderniser le système de signalisation maritime. Actuellement la Tour se lève sur une ample plate-forme polygonale de 32,40 m de largeur, qui lui sert d'une base et qui a été construite au début du XIXe siècle. Extérieurement, le monument présente une structure prismatique sur laquelle on dispose une couronnement octogonal avec des renforts de section triangulaire dans les coins, qu'adoucit la base carrée. À ce premier corps en forme de tour, un autre lui arrive, décroissant en hauteur, qui serve de base à la lanterne, dans laquelle se trouve la lampe puissante qui avec sa lumière illumine les intrépides navigateurs.

Les quatre façades extérieures sont d'une grande austérité dans le dessin et présentent une structure homogène, qui se répète dans tous les fronts, avec de petites variations dans l'organisation des embrasures. La sobriété du langage architectonique reste évidente dans l'emploi de quelques moulures plates dans le socle et dans les coins des quatre fronts du corps prismatique. Les fenêtres avec ses housses correspondantes sont échelonnées dans les différentes faces, en mettant à profit certaines des primitives embrasures du noyau intérieur qu'ont été uniformisées pour les faire symétriques, bien qu'il fût précis pour cela d'alterner les jours ouverts avec les aveugles ou faux. L'un des traits les plus caractéristiques de ce phare est l'imposte hélicoïdale qui parcourt ses façades extérieures, de la base à la fin du corps prismatique, et qui est le souvenir de la rampe ascendante qui dans l'époque romaine servait d'accès à la tour et de laquelle restaient encore les traces dans les murs de l'édifice quand en 1789 s'est initiée la restauration projetée par l'ingénieur militaire Eustaque Giannini. Cette moulure conditionne la distribution des jours qui sera de cinq paires de fenêtres dans les façades est et ouest, et de quatre dans le front nord et sud.

Sous ces quatre façades érigées au XVIIIe siècle se trouvent les restes du phare romain. Une construction qui a été probablement projetée par l'architecte Caio Sevio Lupo, originaire de la Lusitanie, qui a laissé aux pieds de la Tour une épigraphe commémorative qui par fortune se conserve, protégée par un petit édicule érigé au début du XIXe siècle qui se trouve dans la plate-forme qui sert de base au monument. Il est vraiement exceptionnel que nous connaissons le nom de cet architecte, dont nous ignorons plus de données, mais qui sans doute a eu une liaison directe avec le propre monument parce que dans une gravure de la Tour de fins du XVIIe siècle, conservée dans l'Archive de la cathédrale de St. Jacques, se représente le phare et l'inscription à ses pieds, ce qui semble démontrer que pour les hommes de cette époque les deux témoignages faisaient partie de la même réalité.

L'inscription qui a été transcrite par les divers auteurs prie (Bello Diéguez, 1994:38):

MARTI /
AUG[USTO] SACR[UM] /
C[AIUS] SEVIUS /
LUPUS /
ARCHITECTUS /
AEMINIENSIS /
LUSITANUS EX VO[TO].

C'est à dire, “Consacré à Mars Auguste. Caio Sevio Lupo, architecte d'Aeminium (Coimbra) Lusitanien dans l'accomplissement d'une promesse”.

De la construction romaine, ce qui nous reste c'est le noyau intérieur du phare, la rampe d'accès extérieur s'est perdue. Ce noyau interne est une construction de plante quadrangulaire qui a d'un côté 11,75 m, c'est-à-dire 33 pieds romains. De la rampe hélicoïdale et du mur extérieur nous restent seul les évidences qui sont apparues dans les excavations archéologiques de 1992. Conformément aux données de Caballero Zoreda et Latorre González-Moro, la construction a été cimentée sur une plate-forme de grandes pierres de taille nivelée sur un échelon supérieur, taillé sur un promontoire rocheux. De tout ce système de fondation l'empreinte est restée dans la plate-forme, où on peut encore apprécier la trace des alignements.

Par ce qui respecte à la hauteur, la Tour conserve de la fabrique romaine 37,58 m, duquels 34,38 m sont restés occultes sous la doublure néoclassique et les 3,20 m restant se trouvent sous la plate-forme qui s'est levée au début du XIXe siècle et ils sont facilement visibles depuis la zone d'excavation. À cette structure il faudrait ajouter le corps de couronnement, où se trouvait la rotonde romaine que, selon la documentation du XVIIIe siècle, avaient 8 'varas' (l'ancienne unité de mesure ibérique, ca. 6,40 m) de diamètre et 5 'varas' (4 m) d'hauteur, ce qui donnerait une hauteur originale de la Tour qui ferait à peu près 41,58 m. Avec ces dimensions, le phare serait l'un des édifices romains les plus grands conservés, surpassés par le Pont du Gard (France) de 49 m et la Colonne Trajane, Rome (Italie) de 38 m d'hauteur, mais par-devant de la Colonne de Marc-Aurèle, Rome (Italie), de 30 m, de l'aqueduc de Ségovie (Espagne) de 28,5 m et de l'aqueduc de Les Ferreres, Tarragone (Espagne) de 27 m.

Comme nous avons vu, la Tour d'Hercule a actuellement une hauteur de 55 m, duquels 34 m communiquent à la construction romaine et 21 m à la réforme dirigée en 1789 par l'architecte militaire Eustaque Giannini, afin de doter le vieux phare d'une nouvelle lanterne à laquelle en 1806 le fanal a été ajouté. Ces mesures font de la Tour le seul phare romain qui conserve une partie importante de sa structure sur pied, bien que cachée sous une doublure néoclassique..

Plus d'informations sur Description [.PDF]